Halte au massacre du peuple palestinien : arrêt du génocide !

Éducation

Février 2024 : après plusieurs semaines éprouvantes à accueillir chaque semaine plusieurs élèves (jusqu’à 11 !) dans leurs classes en raison du manque de remplaçants, les collègues d’une école du centre-ville grenoblois disent stop. Réunis en Conseil des Maîtres, ils interpellent unanimement (...)

En 2015, nous avons lancé l’ « Appel de Beauchastel contre l’école numérique » [1], pour inciter à se manifester ceux qui refusaient déjà les injonctions à consommer la quincaillerie numérique en milieu scolaire ou à renseigner les logiciels administratifs. Ceux qui nous ont rejoint ont donc pris le risque d’affirmer publiquement leur désobéissance.

Ce texte commençait par un questionnement évoquant chaque moment où il fallait choisir entre vivre un rapport direct avec les élèves et les collègues ou alors suivre des protocoles numériques. Or, si l’on pouvait encore avoir l’illusion du choix au milieu des années 2010, nous craignons qu’aujourd’hui l’institution veuille nous forcer à croire qu’il n’est plus possible d’imaginer un enseignement sans écran, un enseignement réel, c’est-à-dire non virtuel.

SUD Lutte de Classes relaie l’appel de Beauchastel.

En janvier 2024 une réforme importante s’annonçait pour le collège : à la rentrée de septembre les collégiens de 6° et 5° devraient être répartis en trois groupes de niveaux, de quinze élèves pour les plus faibles, pour toutes leurs heures de mathématiques et de français. En 2025 la mesure s’appliquerait également en 4° et en 3°.

Le sujet est vaste, plus que vaste, immense : enseignement à distance, plateformes Parcoursup et Monmaster, Pronote, intervention de l’IA, correction numérisée des copies, tablettes … Le numérique est partout dans le domaine de l’éducation et à l’école, comme une évidence que l’on ne discute pas. C’est le progrès, c’est pour préparer les élèves et étudiants au monde de demain. Dans le même temps, il s’agit de les sensibiliser à l’écologie et aux dangers de l’abus d’écran, beau paradoxe. Et si on y réfléchissait un peu ?

Rarement, on avait vu pareille bêtise confite à la tête d’un ministère. Plus rarement encore, on avait pu voir à l’œuvre les ficelles des marionnettistes du pouvoir.

Peut-être avez-vous déjà entendu ce petit nom Pix, on dirait celui d’un petit écureuil mignon. Pas du tout, c’est le nom du « service public en ligne pour évaluer, développer, et certifier ses compétences numériques ». C’est déjà moins mignon, surtout quand on nous parle de « service public en ligne », déjà tout un programme (politique). Les mots suivants ne sont guère plus rassurants, l’évaluation arrivant avant le développement et s’accompagnant d’une certification, parce que, bien sûr, dans notre monde tout doit être évalué et certifié (conforme).

Amélie Oudéa-Castéra nous sert désormais de ministre de l’Éducation nationale et des sports (NDLR : rien de choquant pour les plombiers-dentistes). Plus pour longtemps. Elle enchaîne les déclarations mensongères pépère et, aux quelques mauvaises langues qui continuent de la titiller sur ses mensonges misérables, elle répond, courroucée, « je vous demande de vous arrêter ». Oui mais non. Les gueux ont quelques dents déchaussées mais de la dignité. Cette ministre est indigne, elle nous salit, nous crache à la figure. On ne s’habituera pas, on ne s’arrêtera pas. Tant qu’elle sera là.

Il ne s’agit pas de complot, mais d’analyse systémique. On peut commenter et documenter chaque réforme ou chaque loi du gouvernement, en détail. On peut ensuite s’y opposer si elles nous semblent dangereuses (ce qui est quand même bien souvent le cas). Mais on peut aussi, prendre du champ et tenter une approche globale, pour mieux comprendre les politiques à l’œuvre et leur cohérence. Ainsi, la réforme de l’assurance chômage et France Travail, la loi immigration dite « Loi Darmanin » du nom de son charmant défenseur, la réforme du lycée professionnel et le dispositif Avenir Pro forment-ils un tout cohérent autour des métiers en tension.

Sans surprise, les résultats de l’enquête PISA sont catastrophiques et le ministre de l’Éducation nationale feint de mobiliser les grands moyens pour redresser la barre. A l’image de notre emblème national, il continue de plastronner alors qu’il a les pieds dans la fange car la première parade qu’il déploie consiste à minimiser les dommages français en évoquant l’impéritie de ses voisins. Certes l’Allemagne dégringole plus violemment que la France mais il n’y a pas de quoi pavoiser.

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