Halte au massacre du peuple palestinien : arrêt du génocide !

Contre les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024

Motion de congrès
Mercredi 12 juin 2024 — Dernier ajout jeudi 13 juin 2024

Le syndicat Lutte de Classes éducation réuni en congrès adopte la motion d’actualité suivante.

Comme à chaque édition, c’est beaucoup d’argent public qui va éponger : l’État s’est engagé à couvrir un éventuel déficit de 3 milliards du Comité Organisateur des Jeux Olympiques (COJO), au moment où les services publics craquent de partout (dont les structures sportives dans les banlieues qui en auraient bien plus besoin s’il s’agissait de réellement soutenir le sport) ! Sachant que le budget estimé dépasse déjà de 2,6 milliards, on peut bien sûr s’attendre à ce que ça augmente encore : les budgets finaux ont souvent multiplié par 4 les budget initiaux, comme à Londres 2012 (18 milliards), Sotchi 2014 (35 milliards), Tokyo 2020 (30 milliards)… Pour rappel, les JO d’Athènes en 2004 ont contribué, dans les années qui ont suivi, à la faillite de l’État grec et sa mise sous tutelle. Sans compter les dépenses des collectivités non-intégrées à ce budget, ou encore les coûts de maintenance des équipements olympiques après les jeux. En résumé : le public paie, le privé profite (sponsors, BTP, sécurité, audiovisuel).

Une charte sociale des JOP a été signée par les instances qui organisent les JOP, le Medef et certains syndicats (CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC). Cela n’a pas empêché :

  • plus d’une centaine d’accidents sur les chantiers des JOP, et un mort, Amara Dioumassy, en juin 2023. On peut aussi lier les six autres travailleurs morts sur les chantiers du Grand Paris Express depuis le début des travaux en 2020, car ces chantiers ont suivi la même cadence que ceux des JOP ;
  • l’emploi de travailleurs sans papier non déclarés (régularisés après lutte syndicale et enquête). Des enquêtes sont également en cours pour des fraudes diverses (travail illégal, minoration salariale et emploi de sans-papiers).

En plus du recours aux services civiques promouvant l’olympisme, le COJO prévoit le recrutement de 45000 bénévoles pour l’organisation des JOP. Les inspecteurs-inspectrices du travail et les syndicats ne s’y trompent pas et parlent de travail dissimulé, mais aussi de dangereux précédent : en sortant des textes d’encadrement de la pratique bénévole sur les JOP (qui sont en dehors et en deçà du code du travail), des institutions étatiques facilitent le recours au travail gratuit et l’encourage ! Le syndicat Lutte de Classes éducation soutient les grèves en lien avec JOP 2024.

La loi olympique 2 (adoptée par le 12 avril 2023 et passée inaperçue car en plein mouvement contre la réforme des retraites) poursuit la logique de la loi sécurité globale :

  • déploiement massif de la vidéo surveillance algorithmique (VSA, déjà utilisée de manière illégale dans plusieurs villes en France) dans les caméras et les drones, pour détecter des comportements dits "suspects" dans la rue, qui alerte directement la police ;
  • utilisation de scanners corporels à l’entrée des épreuves, pour détecter si elles cachent des choses. C’est une atteinte au droit à la vie privée, qui sera sans doute obligatoire pour rentrer dans l’enceinte sportive ;
  • Création d’une nouvelle incrimination pénale pour toute personne qui entre dans une arène sportive par force ou par fraude.

Et curieusement, les lois d’exceptions sont souvent prolongée indéfiniment : qu’on songe à l’état « d’urgence » terroriste depuis 2015…

Toujours au prétexte de plus de sécurité, intensification des :

  • plans "zéro délinquance", mis en place depuis plusieurs années dans les villes qui accueillent des épreuves des JOP, avec une multiplication des contrôles ;
  • brigades de policiers dédiées aux transports en commun (et pas qu’en Île-de-France) ;
  • installations de caméras et déploiement de centaines de drones (le ministère de l’Intérieur en a déjà acheté 600) ;
  • QR codes, qui seront obligatoires pour circuler dans (les périmètres concernés de) Paris au moment des Jeux :« il faudra s’enregistrer en amont sur une plateforme numérique en fournissant un certain nombre de justificatifs, de domicile mais pas que […] Le principe est l’interdiction à la circulation motorisée, et l’exception, la dérogation » (Laurent Nunez, préfet de Paris), ça ne vous rappelle rien ?!

Les JOP seront donc une vitrine de l’armement français et du maintien de l’ordre à la française, avec 35000 policiers, 20 000 militaires et 22000 agents de sécurité privé.

On retrouve tout au long de l’histoire des JOP des expulsions de population, liée soit à la création d’infrastructures servant pour les Jeux, soit pour assurer une "vitrine" du pays accueillant, soit pour en profiter pour "pacifier" certains quartiers : expulsions des hôtels (qui ont été déconventionnés), foyers de travailleurs, cités étudiantes, campements, squats, SDF, migrants… Déjà plus de 13000 personnes expulsées.

Pour rappel, dès le début de l’Olympisme moderne, le capitalisme s’est empressé de mettre la main sur les compétions internationales afin de tirer toujours plus de profits. L’Olympisme a toujours servi le racisme, le sexisme [1].… et plusieurs fois de façon particulièrement abjecte : Berlin 1936, Mexico 1968, … Prétendre se rassembler (toutes les classes sociales ensembles) derrière les JOP sert à masquer la logique de compétition. Ce divertissement détourne des luttes pour l’égalité sociale.

Par ailleurs, on dénonce la participation des athlètes israéliens au moment ou l’État d’Israël commet un génocide.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, le syndicat Lutte de Classes éducation dénonce la tenue de ces JOP Paris 2024, qui attaquent les droits des travailleurs-travailleuses et les libertés démocratiques.

Motion JOP 2024

[1citations de Pierre de Coubertin : « Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte… Le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs. » (1896) et « Eh bien, c’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts. » (1908)

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