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De la précarité des statuts à la précarité des vécus

Samedi 2 septembre 2023 — Dernier ajout vendredi 6 octobre 2023

A SUD Lutte de Classes nous revendiquons un statut unique, un corps unique et une progression identique pour tous les personnels, c’est pourquoi, de tout évidence, nous combattons les conditions de travail qui sont faites aux personnels précaires : contractuels, AESH, AED.

Pourtant la question de la précarité ne se réduit pas seulement à des salaires de misère et des conditions de travail iniques ; le vécu de ces personnels est aussi marqué d’une forme de précarité qu’on pourrait qualifier de symbolique [1].

Prenons l’exemple des AESH. Elles sont la clé de voute de l’illusion générale entretenue par le concept d’école inclusive. Les enseignants, les parents d’élèves, la communauté éducative est toujours satisfaite de les voir arriver pour ménager les malentendus entretenus par une idéologie généreuse (accueillir tous les élèves) mais subvertie (manque de moyens, accueil indigent). Pourtant cette solidarité s’arrête souvent au soulagement que procure l’irruption de ces personnels dans nos cadres de travail. Or ces collègues plus fragiles dans leur statut, dans leurs missions et parfois même dans leur existence mériteraient tout autre chose. A ce titre nous allons vous livrer ce qui nous parait être une illustration de cette précarité symbolique.

X est AESH dans une école auprès d’élèves en situation de handicap. L’inspection ASH, le PIAL, lui fait l’insigne honneur pour un revenu dérisoire de lui accorder un site d’exercice pas trop éloigné de son domicile. Cette même inspection, ce même PIAL, sont capables de se lamenter publiquement sur la difficulté à recruter des AESH nonobstant les salaires de misère puisqu’on leur permet d’exercer une activité surnuméraire, grand luxe (ménage, périscolaire, aide à la personne) hors temps de classe cela veut dire soirs et week-ends. Ces philanthropes trouvent cependant indécent que ces personnels exercent dans une école où se trouvent leurs enfants. Ils sont donc prêts à déplacer ces agents au risque de les faire démissionner car bien évidemment ces changements de conditions de travail affectent le prix des déplacements et les frais de garde éventuels (périscolaire, crèche ou assistants maternels). Notre indignation n’a pas semblé émouvoir outre-mesure ces Thénardier et pourtant elle était ô combien légitime.

Est-ce qu’on imagine un seul instant un enseignant du primaire ou du secondaire soumis à ce traitement indécent ? Évidemment non. Cet exemple pioché parmi tant d’autres montre à quel point ceux qui ont le plus de difficultés à faire valoir leurs droits sur leurs lieux de travail ont besoin de s’appuyer sur ceux qui ont des statuts.

Plus loin encore cela montre la nécessité d’avoir un statut pour ceux qui en douteraient encore ou qui voudraient succomber aux sirènes de l’innovation ou de l ‘expérimentation quel que soit le nom de toute entreprise visant à faire exploser ce qui protège les travailleurs.

Précarité-tract SUD LDC éduc Gre (02.09.23)

[1Au sens du capital symbolique.

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