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La correction numérisée des copies : c’est toujours non !

Mercredi 7 juin 2023 — Dernier ajout lundi 20 mai 2024

Depuis quelques années, de nombreuses copies du bac sont numérisées. SUD Lutte de Classes éducation s’y oppose.

1. Une injonction contradictoire

Nous nous retrouvons face à des injonctions contradictoires de la part de notre institution : d’une part, nous engager dans la voie du prétendu "développement durable" et, d’autre part, développer le plus possible les usages du numérique et ils sont nombreux !

2. Du temps perdu, des tâches abrutissantes et néfastes pour notre santé

Cette procédure interroge aussi sur le temps passé, pour l’instant par l’administration, à scanner des centaines de pages de copies. Ces actions seront bénévoles, ou empiéteront sur d’autres missions plus importantes pour le suivi des élèves.

Il y a d’autre part les dangers, bien documentés, de passer trop de temps devant des écrans. Lire pendant presque dix heures par jour des copies sur écran est infaisable, surtout des copies manuscrites souvent illisibles. De plus, le processus de correction est rendu plus complexe par le fait que l’on ne peut écrire directement sur la copie. Les enseignants sont invités à copier coller les annotations, ce qui est sensé leur simplifier la vie, mais la correction n’est pas un travail de machine. De plus, avec les injonctions aux pratiques dites « en distanciel », Pronote et les taches administratives, nous passons déjà beaucoup trop de temps devant des écrans.

3. Un coût écologique très conséquent

Si l’on additionne les coûts écologiques de la numérisation, de l’envoi par mail, du téléchargement, de la consultation, du stockage de ces données, sans oublier les coûts humains et matériels dramatiquement élevés de la fabrication, de la rénovation accélérée du matériel (scanner, ordinateur…) et de la gestion des déchets ainsi générés, il n’y a pas de doute que la numérisation sera infiniment plus polluante que celle occasionnée par la méthode traditionnelle de correction, moins "chic", moins "moderne", sur papier. Le scannage, le stockage sur des serveurs et les heures de correction sur ordinateurs sont donc des sources de consommation d’énergie tout à fait évitables.

4. Standardisation, automatisation et remplacement des travailleurs et travailleuses par des machines

Par la numérisation, en effet, c’est l’automatisation des tâches qui se prépare. Le ministre s’en félicite et se pose en bienfaiteur : la technologie numérique soulagera les personnels des tâches fastidieuses, n’est-ce pas ? Mais comme partout ailleurs, dans les secteurs de la santé, du social, de l’agriculture, jusqu’aux guichets de la SNCF, l’automatisation ne sert pas l’humain : elle est vouée à le remplacer, comme elle commence d’ailleurs à le faire à l’Université, avec des tests calibrés pour être corrigés par des machines. La numérisation des corrections n’est pas une innovation de plus, bien de notre temps. Elle fait basculer les enseignant-es du côté des êtres superflus, les transformant en outils.

5. La surveillance généralisée

Cette pratique permet d’observer en temps réel le travail des correcteurs et les notes obtenues pour optimiser les corrections. Il est également possible de redistribuer les copies en fonction des besoins et donc, par exemple, de redistribuer les copies d’éventuels grévistes. D’autre part, Blanquer l’a annoncé, cette façon de corriger les copies permet de recueillir des données afin de créer des contenus de cours ad hoc. Ce qui se profile donc c’est bien la gestion managériale de l’éducation, qui va de pair avec sa privatisation via des logiciels privés nous imposant leur fonctionnement et leurs contenus et l’intrusion dans nos pratiques.

Pour conclure

Nous opposer à cet aspect de la réforme en cours est un moyen d’initier une réflexion de fond sur les impacts écologiques et humains de la numérisation systématique de l’Éducation Nationale. Le numérique ne peut remplacer l’enseignement réel et s’il semble « pratique » cela n’est souvent qu’un leurre. Il fait gagner du temps … pour pouvoir faire encore plus de choses.

D’autre part, la correction numérisée des copies n’est qu’un aspect du bac Blanquer, avec ou sans Blanquer. Sa mise en place n’est pas inéluctable, nous devons continuer à lutter contre l’ensemble des ces réformes qui détruisent le service public d’Éducation, précarisent les personnels et les exploitent, trient et angoissent les élèves : grand oral, lycée prétendument à la carte, Parcoursup, destruction du tronc commun, évaluation permanente, numérisation à outrance, programmes partisans et maintenant le Pacte…

Refusons de corriger sur Santorin ! Résistons aux injonctions !

Non à la correction numérisée des copies !

Correction numérisée - tract SUD LDC éduc (05.06.23)
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