Halte au massacre du peuple palestinien : arrêt du génocide !

Médiathèque sur la Palestine et Israël

Lundi 10 juin 2024 — Dernier ajout vendredi 14 juin 2024

Juif, français, de gauche… dans le désordre, Arié Alimi, éditions La Découverte, 2024, 14€

Né à Sarcelles de parents sépharades exilés d’Algérie et de Tunisie, de culture et de langue françaises, attaché à Israël et à l’idée d’un « foyer juif », humaniste engagé contre tous les racismes, je fais partie de cette génération qui a vu ses repères exploser. C’est l’échec des accords d’Oslo et la politique israélienne de plus en plus agressive à l’égard des Palestiniens qui ont profondément bouleversé la coexistence intérieure de ces identités. Comment dès lors articuler mon identité juive et mon identité de gauche, attachée à l’émancipation des peuples ? Comment être juif et français, attaché à une certaine conception de la république, fondée sur l’égalité ? À ces complexités s’ajoutent la menace renouvelée de l’antisémitisme et la nécessité d’appréhender les causes de son surgissement, y compris lorsque ces haines émanent de celles et ceux qui se réclament, comme je le fais, de la gauche décoloniale, ou lorsque les antisémites d’hier affichent un philosémitisme de façade au détriment des musulmans, devenus l’ennemi commun d’une partie de la communauté juive et, plus largement, française. Contre tous ces vents contraires, cet ouvrage a pour but de montrer la possibilité de réarticuler cet écheveau d’identités – juif attaché à Israël, de gauche à l’émancipation des peuples, français à l’égalité entre toutes et tous –, seul à même de lutter contre tous les racismes.

"La Dernière Guerre ?” Palestine, 7 octobre 2023-2 avril 2024, Elias Sanbar, Tracts Gallimard, 2024, 48 pages, 3,90€

« Pour divorcer, il eût fallu avoir été déjà mariés, quand ce conflit était né dans l’impossibilité même d’une union. » Il suffit de remonter à ce qui oppose les sociétés palestiniennes et israéliennes depuis 1948 pour comprendre ce qu’il y a d’existentiel, de part et d’autre, dans le conflit qui, depuis les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, a placé Gaza sous les bombes et causé des pertes effroyables dans sa société civile. La naissance d’Israël, et les deux guerres qui l’ont précédée et suivie, s’est jouée sur un socle d’injustice : la négation du droit des Palestiniens à résider sur leur terre. Ce point presque aveugle de la tragédie en cours est bien la source de toutes les désolations ; il réduit à néant tout ce qui, depuis des décennies, a pu faire espérer un horizon de partage, de reconnaissance et de cohabitation pacifiée. Jusqu’à conduire, presque fatalement, à cette « dernière guerre », selon les termes d’Israël… L’épilogue d’épisodes dilatoires qui, à défaut d’annoncer des jours radieux délivrés de la menace souterraine du terrorisme, conduirait à l’éviction des Palestiniens hors des terres « israéliennes » et à la négation définitive de leur droit au retour. Une sortie de scène irréversible, au mépris du droit international, dont nul ne saurait douter qu’elle ne conduise à de pires malheurs.

Un boycott légitime - Pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël, Armelle Laborie, Eyal Sivan, éditions La Fabrique, 2016, 200 pages, 10€

Pour l’État d’Israël, la principale source d’exportation vers l’Occident n’est pas faite de mandarines ou d’avocats, ni même d’armement ou de systèmes sécuritaires : l’essentiel, c’est la promotion d’une image, celle de l’ « énergie créative » pour tout ce qui touche à la culture. « Les produits israéliens comme la littérature, la musique, la danse, le cinéma, l’art, la gastronomie, la science et les technologies, l’architecture et l’histoire sont des domaines culturels susceptibles de toucher les publics cible, particulièrement en Europe » explique un ex-député du parti de gauche Meretz. Or cette vitrine culturelle, comme le prestige international de l’université israélienne, masquent une tout autre réalité : les liens entre cette université et l’institution militaire, le rôle de l’université dans la recherche de nouveaux outils de combat et de renseignement, la discrimination des étudiants palestiniens, l’absence de protestation contre les guerres menées à Gaza… Et l’évidence que les écrivains, artistes et cinéastes du soi-disant Camp de la paix, d’Amos Oz à Amos Gitaï ou David Grossman, ne sont que des dissidents officiels tout à fait inoffensifs. C’est cette réalité-là qui explique le succès exponentiel du boycott académique et culturel dans le monde entier – et les réactions très vives du pouvoir israélien contre ce qu’il considère désormais comme une « menace existentielle ». Ce boycott ne concerne pas les personnes mais les institutions et ceux qu’elles soutiennent. Il n’est ni un obstacle au dialogue, ni un frein à l’action d’une « gauche sioniste » muette et paralytique. Il est un mode de résistance pacifique et parfaitement légitime.

Le Sionisme en Questions, Pierre Stambul, éditions Acratie, 2014, 68 pages, 6€

La guerre qu’Israël mène contre le peuple palestinien avec son cortège de nettoyages ethniques et de crimes de guerre n’a commencé ni en 1967, ni même en 1948. Elle remonte au début du XXe siècle quand les sionistes ont commencé leur conquête coloniale. Les « solutions » comme les accords d’Oslo qui ont voulu éviter d’aborder les questions vives (occupation, colonisation, apartheid, racisme …) ont définitivement échoué. Il est clair aujourd’hui qu’il s’agissait alors d’une grande illusion. La question du sionisme est centrale comme l’était celle de l’apartheid quand il a fallu imaginer un autre avenir pour l’Afrique du Sud. Le sionisme est à la fois une fausse réponse à l’antisémitisme, un nationalisme, un colonialisme et une manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives. Il est aussi une idéologie prétendant transformer les anciens parias de l’Europe jugés inassimilables en colons européens en Asie. Parce qu’il a gommé les différences idéologiques, le sionisme a abouti au gouvernement de type OAS qui gouverne aujourd’hui Israël. Cette idéologie n’est pas seulement criminelle pour les Palestiniens, elle n’offre aucune issue pour les Juifs qu’elle met sciemment en danger et qu’elle voudrait pousser à être traîtres ou complices. Sans dépassement ou rupture avec le sionisme, aucune paix juste n’est envisageable.

Retour sur la journée du 15 mai à Aouste-sur-Sye (Drôme) en soutien au peuple palestinien, quelques photos et l’émission de radio enregistrée

Pour cette occasion, un collectif d’habitant.es de la vallée a organisé une grande journée en soutien au peuple palestinien, qui s’est terminé par un plateau radio en direct depuis la salle des fêtes de Aouste-sur-Sye

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