Halte au massacre du peuple palestinien : arrêt du génocide !

Violence d’état, violence des mobilisations

Quand le peuple s’énerve, c’est énervant…
Mardi 30 mai 2023 — Dernier ajout samedi 2 septembre 2023

J’aime beaucoup cette chanson que chantent de nombreuses chorales révolutionnaires : « L’ode aux casseurs ». On y entend notamment « En été quand tu vas bronzer / Quand tes médocs sont remboursés / T’ oublies que grâce à cette violence / T’ as la sécu et tes vacances » et « Non non non , C’est pas bien d’ casser / Sauf quand on , Quand on a gagné ». Mais de quelle violence parle-t-on ? De la violence de ceux et celles qu’on appelle les « casseurs » quand ça nous arrange, mais dont on est bien heureux, et on a la mémoire courte, quand ils contribuent à remporter des avancées sociales. Parce que non, les acquis sociaux ne sont pas des acquis, ce sont des conquis, et de dure lutte. Ça ne s’est jamais fait tendrement en défilant pacifiquement dans la rue, ou du moins pas seulement. Même les syndicats, qui ont eux aussi la mémoire courte, s’en dédouanent : « Nous ne sommes pas de cette sorte de gens-là, nous ne sommes pas des casseurs ». Mais si bien sûr, les bases ont été dans la rue et dans des actions un peu plus « costaudes », qui ont demandé, par exemple, de démonter des barrières de péage, de faire des tags sur ces mêmes péages, voire plus.

Mais il va falloir se mettre d’accord sur deux ou trois choses : Où est la violence la plus forte ? Veut-on vraiment « gagner » ? De quelle violence précisément est-il question ? On parle abondamment de violence, les médias au premier rang, mais de quelle violence s’agit-il ? C’est avant tout des destructions de biens, ça n’est pas de la violence à proprement parler, à moins que les biens vaillent plus que les personnes, ou tout du moins la préservation de la sacro-sainte propriété privée. Mais, cette « violence » contre quoi est-elle une réaction ? Contre la violence que subissent au travail, tous les jours, des milliers de personnes, contre la violence de l’exploitation, contre la violence du mépris des castes supérieures, dont font partie nos élus, contre la violence envers les plus faibles ou les minorités, les violences contre les migrants, contre ceux qui à l’autre bout de la planète crèvent pour entretenir notre mode de vie, ça c’est de la violence. Face à cette violence extrême du capitalisme, la violence des casseurs n’est rien : des caméras en moins, des vitres brisées, des supermarchés où l’on prend de la nourriture qui est directement redistribuée, des antennes relais détruites … D’autre part, on ne peut pas envisager d’abattre un système si violent en restant des béni oui-oui. C’est de l’hypocrisie ou de la naïveté.

Alors peut-être faudrait-il revoir nos cours d’histoire et nous y verrions la violence véritable du système capitaliste et des pouvoirs en place au cours des siècles. On se rappellerait peut-être aussi que 1789, 1848 ou la Commune n’étaient pas des balades en campagne et qu’aujourd’hui, nous devons beaucoup à tous ceux et toutes celles qui ont lutté avant nous : congés payés, droit de vote des femmes, sécu, …

Face à cette terrrrrible violence, les syndicats de policiers montent aux créneaux en réclamant une loi anti-casseur et Darmanin s’empresse de ressortir des cartons celle que le Conseil Constitutionnel lui-même, qui n’est pas révolutionnaire loin s’en faut, avait quand même retoquée. Mais comprendront-ils un jour, ces gens qui vivent dans un autre monde, que quand on prend les gens pour des cons et qu’on ne les écoute pas, ils finissent par s’énerver ? Comprendront-ils que l’on est dans un cercle vicieux : le gouvernement se fait plus dur, les révoltes aussi, alors le gouvernement se durcit encore, et ceci jusqu’où ? Ou alors faudrait-il que l’on accepte tout sans rien dire ?! Comprendront-ils que quand on gaze des gamins à Lyon le 1er mai avant même que la manif ait commencé, que quand on nasse les gens un peu partout (le mot « nasser » vient d’entrer dans le dictionnaire, c’est dire), que quand on détruit à vie le visage de jeunes filles de 20 ans qui se battent pour l’accès à l’eau, la colère augmente d’autant plus ?

Quitte à avoir commencé par une chanson autant finir par une autre : « C’est partout le bruit des bottes, c’est partout l’ordre en kaki ».

Lire aussi :

Violence - article SUD LDC éduc Gre (18.05.23)
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